HISTORIQUE
C'est à l'initiative d'un officier des Haras nationaux, Ephrem Houël (1807-1885), et avec l'aide de la Municipalité de Cherbourg, que sont organisées les premières courses au trot. En 1836, sollicité par la mairie de Cherbourg, Ephrem Houël propose d'organiser sur la grève, de la terrasse des bains à la redoute de Tourlaville, des courses de chevaux de pays auxquels il impose l'allure du trot afin de donner le spectacle d'une compétition groupée en évitant la dispersion au galop d'un peloton hétérogène et étiré. Les 25 et 26 septembre 1836, la municipalité de Cherbourg est donc la première à proposer ce divertissement hippique attirant d'emblée une foule immense de la ville et des campagnes voisines. Elle conforte cette expérience en juillet et août 1837 et la renouvèle chaque année.
26 courses au trot sont répertoriées en France.
Plus de 100.000 francs d'allocations sont distribués sur quarante-cinq hippodromes.
Ces prix sont partagés entre trois cents lauréats.
La Société Générale des Courses de Normandie voit le jour.
Son principal objectif est de faire découvrir les courses au trot en dehors du département, notamment à Paris.
Le 21 octobre est fondée à Caen la Société d'Encouragement pour l'Amélioration du Cheval Français de Demi-Sang.
Ancêtre de la Société du Cheval Français, elle sera transférée par la suite à Paris.
Parution du premier bulletin des courses au trot.
Véritable journal officiel du trot, il continue à paraître aujourd'hui régulièrement.
Premières courses au trot à Paris.
N'ayant pas trouvé d'hippodrome à Paris, les organisateurs font courir près de la cascade du bois de Boulogne.
Inauguration à Vincennes, le 7 septembre, du premier champ de courses réservé aux trotteurs en région parisienne.
On y court au trot mais aussi au galop. Il faut attendre 1934 pour que l'hippodrome soit exclusivement consacré aux trotteurs.
Création du premier meeting d'hiver à Vincennes.
Sur l'initiative de Philippe du Rozier et avec pour objectif d'augmenter le nombre de réunions au trot, la Société crée un meeting d'hiver.
Le 1er février se dispute à Vincennes le premier Prix d'Amérique.
Cette épreuve de prestige ne réunit que 14 partants, tous français, mais ne tarde pas à devenir la course au trot la plus populaire dans le monde. Le premier lauréat a pour nom Pro Patria et remportera également l'épreuve en 1921. Le nom de l'épreuve est un hommage à l'intervention américaine lors de la première guerre mondiale.
On ne court pratiquement plus au trot en France.
Le nombre des chevaux, qui courent dans l'année, tombe à 715 (ils sont 2.307 en 1939). Il faut attendre 1947, pour retrouver les chiffres d'avant-guerre et 1977 pour voir ce nombre franchir la barre des 10.000.
Le 20 juin se dispute la première nocturne réservée à des trotteurs à Vincennes.
Dès lors, les trotteurs pouvant courir aussi bien dans la journée qu'en soirée, les courses au trot ne cessent de se développer et atteignent progressivement leur niveau actuel.
Un trotteur passe sous les 1'15'' à Paris-Vincennes.
Dans le Prix de France 1981, grande épreuve du meeting d'hiver et traditionnelle revanche du Prix d'Amérique, l'américaine Classical Way gagne et crée la sensation en enregistrant un chrono de 1'14''2. C'est le premier trotteur à faire moins de 1'15'' au kilomètre à Paris-Vincennes.
Le nouvel hippodrome de Paris-Vincennes est inauguré.
Le 11 janvier 1983, les nouvelles installations de Paris-Vincennes sont inaugurées : nouvelles tribunes, nouveaux boxes, etc. Pour en arriver à ce lieu moderne et fonctionnel, l'hippodrome a connu un sérieux lifting commencé en 1976.
La Grande Piste de Vincennes a fait sa révolution.
Après plusieurs années de travaux, la Grande Piste de Paris-Vincennes est opérationnelle. Ses tournants ont été redessinés (en particulier celui de la plaine, après les tribunes), ses parties descendantes et montantes atténuées. Le tour de la Grande Piste s'établit à 1.975 mètres.
Le mur des 1'10'' est franchi à Paris-Vincennes.
Pour la première fois, un trotteur descend sous le temps de 1'10'' au kilomètre à Paris-Vincennes. L'exploit a pour cadre le Prix de France - comme Classical Way 25 ans plus tôt. C'est Kool du Caux qui en est l'auteur en signant 1'09''8. Son dauphin, Kesaco Phédo, réalise, pour sa part, 1'09''9.
Haguard au trot
Bridget au galop
Le projet d'une course hippique est simple et doit répondre aux questions : "Quel est le meilleur cheval ?", "Qui est le plus rapide ?". L'exercice lancé par Ephrem Houël au trot en 1836 n'est pas nouveau et presque "vieux comme le monde". En Angleterre en 1778, lors d'une soirée mondaine, Lord Derby et ses convives décident de confronter leurs meilleures pouliches de 3 ans. Quelques mois plus tard, en 1779, le 12e descendant des Derby gagne la première course de galop avec Bridget. Les Oaks - nom de la demeure de Lord Derby -, devenues la plus ancienne course classique du monde, étaient nées.
Au trot, à Cherbourg, c'est le nom de Haguard que l'on conservera. Et déjà, le trot met en pratique ce qui deviendra sa signature et sa singularité dans le monde des courses : la réduction kilométrique. Il s'agit de rapporter la performance sportive du cheval sur la base d'un kilomètre. Haguard a ainsi réalisé 2'10'' en moyenne au kilomètre en 1836. Les attentes d'Ephrem Houël, à l'origine des courses, ne sont pas simplement la beauté du geste sportif et la recherche d'un nouveau divertissement. Il voulait aussi utiliser ce moyen pour améliorer la race chevaline normande. En digne officier des Haras nationaux, il espérait encourager les éleveurs à mieux éduquer leurs chevaux et ainsi développer leurs ventes. Il a réussi au-delà de toute attente.
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